Categories:

Nous avons tous déjà fouillé dans les placards de nos grands parents et retrouvé de vieilles photos parfois jaunies par le temps. Elles n’en perdent pas leur charme pour autant…
On rit souvent, même beaucoup du vintage, des photos tellement vieilles qu’on n’en reconnaît presque plus les personnes dessus. Ce que l’on oublie cependant, c’est que ces photos portent l’histoire, la mémoire et les progrès de notre société. Quand notre cerveau oublie, quand le temps efface les choses, les photos, elles, se souviennent.

Combien de fois votre père s’est énervé parce que votre mère prend TROP de photos d’absolument tout et rien en même temps ?? Et combien de fois vous avez regardé ces photos en vous souvenant exactement de ce qui s’était passé ce jour-là. Les photos sont nos souvenirs et la preuve que, oui, ça a existé. Parfois truquée, mise en scène, la photographie n’en est pas moins l’une des inventions les plus émouvantes des années 1800.

Prenons la photographie, devenue maintenant célèbre, du Baiser de Doisneau. Quand beaucoup pensait à une photographie prise sur le vif, ce n’était finalement qu’une simple mise en scène. Cette révélation à presque destituée la photo de sa place, l’auteur avait pourtant déjà expliqué qu’il s’agissait d’une mise en scène dans les années 80.

La photographie a évolué et est devenue maintenant un réel art, et nous oublions trop souvent à quel point il a été difficile d’arriver à ce résultat. Par exemple, savez vous pourquoi, sur les premières photographies, les sujets ne souriaient jamais ?

En photographie, la durée entre le moment où nous déclenchons la photo et le moment où celle-ci se prend réellement est appelée vitesse d’obturation. Aujourd’hui, la prise se fait en quelques  secondes, à l’époque, c’était une tout autre histoire… cette vitesse pouvait représenter des heures. Il été donc difficile de garder un sourire aussi longtemps, de plus que celui ci ne serait surement pas spontané et pouvait faire paraître le sujet idiot…

Partons maintenant dans un rapide voyage dans le temps (un peu comme avec OVF, mais cette fois-ci c’est en photo!), au travers de l’histoire de la photo instantanée. Vous avez sûrement vu ce format de photo dans nos visuels sur nos pages de l’Orléans Vintage Festival, symbole de la photo vintage ! Les plus connus étant ceux de la marque Polaroid. Le premier appareil fût commercialisé en 1948 par Edwin H Land, une grande avancée dans les techniques de photographies qu’il doit notamment à sa fille de 4 ans, qui demandait à voir les photos au moment où elles étaient prises. Comme quoi l’impatience a du bon parfois !!

L’inventeur de cet appareil révolutionnaire fonde alors la société Polaroid en 1937 et connaît son apogée dans les années 70 avec une estimation de plus d’un milliard de photos, concurrençant la marque Kodak. Cependant au début des années 2000, l’entreprise subit le succès de l’apparition du numérique, et voit ses ventes considérablement diminuées, ses appareils abandonnés voir jetés. Mais en 2021, des salariés attristés de ce sort se sont réunis et ont décidé de sortir un nouveau film nommé « impossible » . La renaissance d’une marque qui connaît de nos jours un franc succès notamment auprès de la jeune génération. A l’ère du numérique, les photos physiques reviennent à la mode, un nouveau type de souvenir au plus grand plaisir des fans de vintage !

Aujourd’hui plébiscité par les jeunes, étant plus un appareil du quotidien qu’un outil d’artiste, il a pourtant passionné nombreux d’entre eux dans les années 40 50, notamment Andy Warhol, connu pour ne jamais se séparer de son Polaroid. Il a photographié ses amis, sa famille ainsi que des portraits de stars. Nous retiendrons également Walker Evans, photographe qui a marqué le 20ème siècle de part sa position de chroniqueur de La Grande Dépression. Ce n’est qu’en 1973 que le photographe commence à utiliser cette technique et cet appareil, il ne se servira pratiquement exclusivement de celui-ci jusqu’à sa mort en 1975, prenant principalement des photos de ses proches et de ce qu’il voit autour de lui. Walker Evans aimait en effet les photos qui témoignent dans la plus grande simplicité et surtout sincérité.

« Vous ne voulez pas que votre travail découle de l’art ; vous voulez qu’il commence avec la vie, et elle est dans la rue maintenant. Je ne suis plus à l’aise dans un musée. Je ne veux plus y aller, je ne veux plus qu’on m’« apprenne » quoi que ce soit, je ne veux pas voir de l’art « accompli ». Je m’intéresse à ce qu’on appelle le vernaculaire1 » Walker Evans, Le Secret de la photographie. Entretien avec Leslie Katz, Éditions du Centre Pompidou, 2017, p. 35.

1 : mouvement artistique dont le sujet principale est la vie quotidienne (proches, objets, monuments), sans intention artistique au premier abord

La photo a été et est encore le moyen de graver des instants, de se souvenir de moments heureux ou malheureux, beaux ou affreux, futiles ou importants. Au-delà de capter des épisodes d’une vie, c’est aussi un art à part entière. Une révolution dont nous pouvons maintenant plus nous passer !

Je finirais par les mots d’un grand poète «  we keep this live in a photograph » // « nous gardons cet amour dans une photo ».

Prenez autant de photos que possible, quand votre mémoire vous fera défaut il y aura toujours ses bouts de papiers et clé USB pleines pour vous rappeler.

Et sinon vous pouvez venir le 15 mai au Campo Santo (sous condition du contexte sanitaire évidemment), prendre quelques photos des animations qu’on vous prépare !!

A bientôt sur nos réseaux et notre site Orléans Vintage Festival.

Vintagement,

Laurie

Partagez autour de vous :

Tags:

No responses yet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *